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PUBLICAȚIILE ANEI-MARIA DONȚU

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            Sur le parking il y avait foule, je me suis demandé d’où venaient tous ces gens qui étaient tous les mêmes, portaient les mêmes masques et venaient tous de la même direction – l’inconnu.

            C’était une belle journée de printemps. J’étais ravie d’avoir un jour de congé grâce au succès de la semaine précédente. J’ai décidé d’aller faire mon plaisir pour le shopping, tant plus qu’il y avait des réductions à la librairie. Arrivée au parking du centre commercial, j’ai garé ma voiture. Il y en avait peu et j’étais contente d’avoir la possibilité de la ranger dans ce parking qui était toujours  encombré. Les arbres Sakura fleurissaient dans le parc de l’autre côté de la rue. C’était une atmosphère magnifique, qui produisait beaucoup de sentiments et qui guérissait les âmes.

            Pendant que j’étais à la recherche d’une jolie robe de printemps, j’ai entendu un cri. J’ai eu le sentiment de peur et de crainte. Mais personne n’avait réagi et j’ai pensé que tout ça s’était à cause de ma récente maladie.

En payant les robes, je réfléchissais aux livres que je devais acheter. Dans la librairie, j’ai été fascinée de trouver tout ce que je cherchais. Je n’ai pas hésité de les mettre dans le panier.

Quittant le centre commercial, je me suis dirigée vers le parking où j’ai vu beaucoup de gens,  bien plus que lorsque j’étais arrivée. Un jeune homme s’est approché et regardait dans la même direction que moi. Je lui ai demandé: – D’où viennent tous ces gens? Il n’y en avait tant le matin. 

– Je me demande la même chose, me répondit-il. Le matin, quand je suis arrivé au centre commercial, il n’y avait qu’une dizaine de voitures… Étant dans le café, j’ai entendu un cri.

– Euh, moi aussi, je l’ai entendu, mais je pensais que cela s’était produit dans ma tête.

– Il m’a paru que personne n’avait réagi, mais les circonstances, vous voyez, prouvent que quelque chose est arrivé ici, déclara le jeune homme.

Nous nous sommes approchés du lieu où la foule agitée murmurait, nous entendions des chuchotements. Plus nous nous rapprochions, plus nous entendions des chuchotements plus claires: „Comment a-t-il pu faire ça?” „Il n’a pas d’âme.” „C’est terrible, j’ai peur de sortir de chez moi.” „La police devrait s’impliquer.”  Mais rien de plus, la foule était comme le murmure de la mer en automne, comme le vent dans les prés en été, comme le dernier souffle d’un mort.

De tous ces chuchotements, j’ai réalisé que c’était quelque chose de très grave. En arrivant sur place, j’ai vu une femme asiatique, qui avait environ 40 ou 50 ans et qui était allongée essoufflée, pleine de blessures, à côté de ses morceaux de vêtements déchirés. Dès que j’ai vu cette scène, j’ai réalisé que quelqu’un avait violé cette femme. J’ai appelé tout de suite l’ambulance et la police et j’ai prié d’arriver le plus vite possible. J’ai eu un sentiment de colère envers cette foule du parking qui  n’avait pas réagi au malheur de la pauvre femme.

Les médecins m’ont demandé de les accompagner car j’avais appelé l’ambulance et la femme n’avait personne auprès d’elle dans la ville. Le jeune homme m’a encouragé d’y aller. J’y suis partie et j’y ai passé toute la nuit. Je pensais toujours à cette foule, qui venait, je ne savais pas d’où et qui n’avait pas eu le courage d’intervenir pour aider cette femme.

Le lendemain matin, je me suis réveillée avec des maux de tête et l’incident d’hier ne sortait pas de ma mémoire. J’ai consulté les réseaux sociaux pour en savoir plus, puis j’ai demandé à une infirmière comment se sentait la pauvre blessée. Elle m’a dit que c’était mieux et que dans deux jours je pourrais venir lui rendre visite. J’ai remercié l’infirmière et suis allée récupérer ma voiture pour rentrer chez moi. Deux jours plus tard, j’étais venue à l’hôpital voir cette femme. Quand je suis entrée, elle me salua et me dit: – Vous êtes la jeune femme dont les infirmières m’ont parlé. Les médecins m’ont dit que j’aurais pu mourir à cause de la perte du sang. Je vous remercie énormément.

– Mais, c’était mon devoir. J’était obligée le faire. C’est notre obligation à tous… Ça va être dur pour votre état, mais pouvez-vous me dire comment on est arrivé ici?

– Oui, j’ai été harcelée par un homme, je suppose qu’il était ivre et il n’arrêtait pas de crier: „Vous, les Asiatiques, avez répandu ce virus au monde, vous devez être mis à mort!”. Puis il m’a regardé dur et s’est approché de moi très rapidement. À ce moment-là, j’avais les mains occupées et je ne pouvais pas courir avec mes bagages, mais j’ai senti qu’il me rattraperait de toute façon. Je n’ai pas réussi me défendre et faire quelques pas en arrière parce que je suis tombée à cause d’un coup très violent dans la région de la tête. Puis il est venu, a pris un bâton et m’a frappé plusieurs fois. Ensuite, je ne me rappelle rien, parce que je m’étais évanouie. Je vous  reste reconnaissante de m’avoir sauvé. Vous savez, il est difficile de vivre seule, de se retrouver dans une telle situation, de ne pas pouvoir sortir de chez soi sans être sûre pour sa vie.

– Vous ne devez pas être découragée. Je pourrais vous aider et je vous prie de rester avec moi, car je suis aussi seule. J’aimerais avoir une nouvelle amie. De cette façon, vous pourriez mieux vous récupérer et vous vous sentirez mieux.

– Merci ma chère sauveuse. Je remercie le destin de vous rencontrer. Moi, je vous propose de venir chez moi, car j’ai une maison très spacieuse et je ne dois pas la quitter parce qu’elle me rappelle le lieu où j’étais heureuse avec mon mari. Je m’appelle Park Jisoo, j’ai 57 ans et je suis originaire de Corée de Sud. Mon mari était américain, mais il est récemment décédé à cause du cancer. Nous n’avons pas d’enfants et votre présence donnerait de l’âme à une maison triste et presque abandonnée. Ne refusez pas ma proposition.

– Je suis heureuse de vous rencontrer. Je suis Anna et j’ai 25 ans. Mes parents sont décédés il y a 10 ans dans un accident de voiture et maintenant je vis seule. J’espère trouver en vous une nouvelle mère et devenir de bonnes amies.

P.S. Restée dans la maison de ma mère adoptive, j’ai retrouvé le bonheur, la tendresse et mon âme  tranquille, mais je pense souvent à la foule du parking qui était vide, impuissante et coupable…

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